PRIX ALIMENTAIRES DANS LE BAS-RHIN : Face aux abus, un coefficient multiplicateur s’impose
L’UFC-Que Choisir du Bas-Rhin rend publique ce jour une enquête accablante sur les prix de produits alimentaires peu transformés qui souligne que les industriels et les distributeurs n’ont pas répercuté la baisse des prix agricoles sur le prix des étiquettes. Pour remédier aux abus constatés, elle formule une proposition simple et concrète: l’instauration d’un mécanisme de coefficient multiplicateur.
En effet, l’UFC-Que Choisir du Bas-Rhin a relevé les prix en rayon dans le Bas-Rhin de trois produits peu transformés, dont la matière première agricole constitue une part prépondérante, et les a comparés au prix agricole les composant. Or, le résultat est sans appel :
- alors que les prix agricoles de la volaille, du porc, et du lait sont respectivement de 2.11€, 1.34€ et 0.29€, les prix moyens en rayon de l’escalope de poulet, de la côte de porc et de la brique du lait, dans le Bas-Rhin, sont respectivement de 11.77 €, 6.17€ et 0.76 €, soit des différentiels importants.
- alors les enseignes enquêtées ont été invitées à s’expliquer sur la formation de leur prix, seules 30% ont répondu, mais celles-ci ont toutes donné une réponse générique, parfaitement insatisfaisante. En matière de prix alimentaire, l’opacité est donc la règle !
Mais une étude plus approfondie permet de parler de marges injustifiées. En effet, industriels et distributeurs profitent des variations de prix agricoles, plus particulièrement des baisses, pour accroître fortement leurs marges. S’agissant du lait, entre septembre 2007 et septembre 2009, le prix payé à l’éleveur a baissé de 7%, alors que pour le consommateur, le prix de la brique de lait Candia a augmenté de 5 %. Pire, la brique de lait à marque distributeur a elle augmenté de 11% !
Le lien entre prix agricole et prix en rayon n’existe donc qu’à la hausse, jamais à la baisse ! Les industriels et la distribution se servent de l’évolution des prix agricoles comme d’un alibi pour améliorer leur profitabilité au détriment des consommateurs.
Alors que le pouvoir d’achat des Français est en berne, ces pratiques de prix inadmissibles des industriels et de la grande distribution sont d’autant plus préjudiciables que le budget de l’alimentaire représente pas moins de 15.5% du budget des consommateurs.
Refusant que de tels abus perdurent, l’UFC-Que Choisir propose une mesure concrète : l’extension du coefficient multiplicateur, applicable aux fruits et aux légumes, à tous les produits bruts ou peu transformés, et au minimum pour les viandes fraîches de bœuf et de porc. Tout en respectant la liberté du commerce, ce dispositif a fait ses preuves sur les fruits et légumes puisque cette seule menace a permis de limiter la progression des marges.
Décidée à obtenir dans les plus brefs délais ce coefficient multiplicateur, l’UFC-Que Choisir du Bas-Rhin a saisi les parlementaires du département en leur demandant de préserver le pouvoir d’achat des Bas-rhinois.
Nos parlementaires soutiennent l’action de l’UFC 67 en interpellant le Ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche.
Nos soutiens:
M. Armand JUNG Député du Bas-Rhin
M. André SCHNEIDER Député du Bas-Rhin
M. Jean-Philippe MAURER Député du Bas-Rhin
M. Antoine HERTH Député du Bas-Rhin
M. François LOOS Député du Bas-Rhin |
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